Digital Construction World

La numérisation est essentielle pour les entrepreneurs qui veulent se professionnaliser, et la Confédération Construction doit les préparer à ce nouveau défi.

Chez Willemen, le numérique comme colonne vertébrale

Développement d’un système ERP uniforme et d’une approche BIM commune

La principale préoccupation au sein du Groupe Willemen consiste pour le moment à développer un seul système ERP pour tous les entrepreneurs principaux qui appartiennent au groupe, comme Willemen Construct, Willemen Infra, Franki et Cosimco, donc pas uniquement pour les constructeurs de bâtiments mais aussi pour les constructeurs d’infrastructures. Par ailleurs, pour de plus en plus de projets, non seulement la construction de bâtiments, mais aussi le développement des infrastructures s’avèrent utiles.

Matthieu Coens a tout d’abord travaillé comme chef de projet chez Franki Construct, ce qui l’a amené ensuite à s’intéresser aux ERP. Il dirige désormais le département Business Transformation du Groupe Willemen : « Pour notre ERP (Enterprise Resource Planning), nous avons acquis un nouveau système, livré par un fournisseur allemand. Le Groupe Willemen est pour l’instant en phase de développement du produit. L’objectif est de pouvoir disposer d’un système ERP spécialisé pour la construction à l’avenir. Le système ERP est totalement inclus dans un Cloud. De plus, le système est totalement prévu pour pouvoir fonctionner avec des modèles BIM. Le planning est également inclus dans le système ERP, et à l’avenir, les éléments de notre politique de durabilité en font également partie. »

Travailler de manière plus efficace et collaborer de manière plus performante

Le Groupe Willemen ne numérise pas juste pour numériser. L’objectif principal de la numérisation est de pouvoir travailler plus efficacement. L’objectif est également de parvenir à une collaboration plus performante entre les entreprises du groupe grâce au système ERP. Les entreprises doivent fonctionner de manière optimale et non comme des entrepreneurs qui travaillent les uns à côté des autres. Le système ERP doit leur permettre de continuer à uniformiser leur fonctionnement.

Matthieu Coens explique : « Une entreprise peut choisir d’utiliser la meilleure application pour chaque élément mais elle s’expose alors au danger d’avoir des ilots séparés qu’il faut alors relier et entretenir, sans parler de l’utilisation de différents langages/codes entre les personnes de différents départements. Au contraire, nous avons opté pour un système universel et pour une optimisation globale. Ainsi, toutes nos entreprises parleront le même langage dans toutes les phases de leurs projets (calculs, achat, vente, exécution, logistique, contrôle…)

Ce choix se fait alors au détriment de certaines optimisations locales possibles. Mais dans le même temps, l’entreprise obtient davantage de contrôle au global. Un autre avantage de notre approche est qu’il nous suffit de saisir toutes les informations qu’une seule fois, et celles-ci peuvent ensuite être récupérées tout au long des différents processus de construction. Le Groupe Willemen explore par exemple également l’application 12Build, un exemple d’optimisation locale et qui, entre autres, nous permet de créer et de comparer des offres simples. Mais la question se pose : comment intégrer cet outil dans notre ERP, et comment s’assurer qu’il se fonde bien dans nos autres processus ? »

Accorder les violons du BIM

Les entreprises du Groupe Willemen ont également accordé leurs violons en ce qui concerne l’utilisation du BIM (Building Information Modeling) : de la stratégie BIM aux choix du logiciel en passant par les applications BIM. Toutes les entreprises du secteur peuvent désormais partir d’une base commune. Le gros avantage consiste surtout à construire et partager les connaissances dans tout le groupe.

Sofie Verjans, ingénieure architecte et désormais manager BIM, nous explique : « La transformation de notre entreprise est en grande partie liée au BIM. Chez nous, ce n’est pas l’apanage des experts BIM. Les modèles sont également utilisés par les chefs de projet et les calculateurs. Cela signifie que ces modèles et les logiciels utilisés doivent se montrer suffisamment conviviaux. Mais à terme, c’est l’ensemble de la chaîne de construction qui devra être capable de gérer le BIM : outre les entreprises de construction qui ont été les pionnières, les concepteurs, les fournisseurs, les maîtres d’ouvrage et les sous-traitants.

Pour les grands projets BIM, nous prévoyons également des formations pour les partenaires du projet (des maîtres d’ouvrage aux sous-traitants) pour leur permettre de se familiariser avec le BIM. »

Matthieu Coens explique : « Le Graal du BIM est d’obtenir un protocole commun entre toutes les parties sur les noms des objets, l’échange des éléments d’information, les données à coupler et la fourniture d’informations pour que les autres parties n’aient pas à effectuer de travail supplémentaire. Pour chaque projet, nous essayons d’amener de plus en plus de parties à fournir des données structurées et de qualité par le biais de leur modèle BIM. La standardisation stimulée par Buildwise, comme elle existe pour le moment pour les préfabriqués, est d’une importance considérable pour la totalité du secteur.

L’IA : de l’ordre dans le chaos

Le Groupe Willemen examine également comment utiliser au mieux les applications d’IA, dont Microsoft CoPilot. Selon Matthieu Coens, il y a peu d’intérêt à déployer l’IA sur les informations déjà contenues dans les modèles BIM ou le système ERP, car ces informations sont de toute façon structurées. Matthieu Coens explique : « Il est plus logique d’utiliser l’IA sur les informations non structurées des e-mails, des rapports, des photos et des captures d’images. Dans ce cadre, les sources sont nombreuses : que ce soit de nos propres entreprises mais aussi des fournisseurs, des concepteurs ou des maîtres d’ouvrage. Leur structure peut donc différer, ce qui augmente encore leur diversité.

Au niveau de l’entreprise, il peut donc s’avérer utile d’utiliser l’IA pour lancer certaines requêtes sur cette masse désorganisée d’informations, par exemple pour étayer une affirmation particulière. Mais l’IA peut également être utile à des fins individuelles, notamment pour produire des rapports et des résumés. Pour l’avenir, nous pensons que l’IA pourrait également nous être utile en raison de ses propriétés prédictives, par exemple en ce qui concerne les flux d’exécution et la faisabilité des projets futurs. »